05/03/2007

MORT D'HENRI TROYAT

image_28793999_192_144 Henri Troyat

 

Français d'origine russe, prix Goncourt en 1938, il était le doyen de l'Académie française

Entre 1935 et 2006, il avait écrit plus d'une centaine d'ouvrages, tous en français: des biographies, des récits psychologiques et des cycles romanesques à thèmes français ou russes, dont "Les Eygletière" (1965) ou "Viou" (1974).

Il sera enterré vendredi à Paris.

Né Lev Tarassov en novembre 1911 à Moscou, ce fils de négociants s'était expatrié avec sa famille après novembre 1917.

Arrivé en France après un long voyage, il avait étudié au lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine. Licencié en droit, naturalisé français, il était devenu rédacteur à la Préfecture de la Seine en 1935. la même année, il avait publié son premier roman "Faux jour", qui  reçoit le "prix populiste". Trois ans plus tard, le Goncourt lui est attribué. Le livre couronné se vend à plus de 100.000 exemplaires. Sa carrière est lancée.

Une très longue carrière
Sa carrière littéraire a duré presque 70 ans. Il avait publié son dernier ouvrage ("La Traque") l'an dernier. Doyen des lauréats du Goncourt, il était entré à l'Académie française en 1959.

Sa terre natale lui a fourni une inépuisable source d'inspiration, notamment pour ses biographies des tsars ("Catherine la Grande" ou "Nuicolas Ier), et de classiques russes, tels Pouchkine, Dostoïevski, Tolstoï ou Tchékhhov. Il a également publié des biographies des grands auteurs français du XIXe: Flaubert, Maupassant, Verlaine, Baudelaire, Balzac.

Son oeuvre de fiction mêle des nouvelles, des récits psychologiques et des cycles romanesques qui ont souvent connu un vif succès : "Tant que la terre  durera" (1947), "Les Semailles et les moissons" (1953), "La Lumière des Justes"  (1959), "Les Eygletière" (1965), - deux sagas adaptées pour la télévision -, "Le  Moscovite" (1974) et le cycle de Sylvie avec "Viou" (1980), "A demain Sylvie"  (1986), "Le Troisième bonheur" (1987). Parmi ses romans, "La Neige en deuil"  (1952) a été porté à l'écran et "Le Front dans les nuages" (1976) adapté à la télévision.

Toute sa vie, il a écrit avec une régularité de métronome. "Je suis un malade d'écriture, absolument hors de la vie", admettait cette  "bête" d'édition qui, pendant des décennies, a écrit avec succès un roman et une biographie chaque année. En 1994, une enquête de la SOFRES en faisait l'écrivain préféré des sondés.

"On n'est pas au théâtre, où l'on peut légitimement faire la fête après la centième d'une pièce. Je ne tire aucune satisfaction de ce chiffre", disait-il  en 2003 à l'occasion de la sortie de "L'éternel contretemps", un recueil de  nouvelles. Depuis, il avait écrit trois ouvrages en 2004, un en 2005 sur Alexandre Dumas et un ultime roman, "La traque", en 2006, selon sa bibliographie publiée  par le site internet de l'Académie française.

Veuf depuis 1997, grand Croix de la Légion d'Honneur, lauréat de plusieurs autres prix, il avait publié ses souvenirs en 1976 : "Un si long chemin".

Henri Troyat assurait n'avoir "jamais cédé aux modes commerciales: celles de l'érotisme, du nouveau roman ou de l'autofiction. Si elles amusent mes confrères, tant mieux. Mais moi, je m'en tiens éloigné. Le romancier doit s'effacer derrière ses personnages. Il doit leur donner naissance et disparaître  immédiatement après".

En 2003, il avait été condamné pour "contrefaçon" dans la biographie de "Juliette Drouet", la maîtresse de Victor Hugo, qu'il avait publiée en 1997.

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